Heidegger et la question de l’Événement : finitude, langue et histoire dans les "Beiträge zur Philosophie"

Ampleman-Tremblay, Tristan
(2025)

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Authors
  • Ampleman-Tremblay, TristanUCLouvain
    author
Supervisors
Arrien, Sophie-Jan
;
Camilleri, Sylvain
Abstract
(fr) Cette thèse vise à explorer la pensée de Martin Heidegger (1889-1976) à partir de son second opus magnum, les Beiträge zur Philosophie (vom Ereignis) – en français, Contributions à la philosophie : de l’Événement – rédigées entre 1936 et 1938, et ce, en mettant en relief tant l’évolution que la continuité de sa réflexion sur l’Être, la langue et l’histoire du début des années trente à au-delà. Nous y examinons la rupture opérée par Heidegger avec la métaphysique occidentale, notamment à travers le concept central d’Événement (Ereignis), en mettant en évidence la critique heideggérienne du nihilisme et de la domination technologique qui caractérisent l’époque où nous vivons et en tentant de donner une appréciation juste du projet de l’ouvrage et de sa situation dans un contexte historique, philosophique et politique bien défini. Notre étude cherche à montrer en quoi les Beiträge zur Philosophie constituent une tentative complète et innovatrice de dépassement de la pensée occidentale par la proposition d’un autre commencement ; commencement dont les contours sont destinés à demeurer indéfinis pour un temps, et dans lequel la pensée devra se faire écoute et recueillement plutôt que démonstration ou déduction rationnelle. Ce travail constitue également une contribution académique aux débats entourant les enjeux de traduction et d’interprétation du texte en offrant une traduction nouvelle d’une bonne partie de l’ouvrage ; traduction qui tente de respecter le caractère fragmentaire et ésotérique de l’oeuvre et qui s’ancre dans notre propre langue, elle-même située. Enfin, ce travail offre également une contribution réflexive sur la question de ou des dieux, en analysant l’idée nietzschéenne d’une « mort de dieu », cette fois reprise par Heidegger en lui donnant une signification historialement déterminante. Nous montrerons qu’il s’agit là non seulement d’un événement culturel ou simplement historique, mais également et plus fondamentalement d’un moment de l’histoire de l’Être (Geschichte des Seyns) et donc d’une charnière ontologique qui détermine en creux notre histoire bien humaine ; manque de dieux (Gottlosigkeit) qui ne doit pas être comblé par un retour aux religions traditionnelles, mais qui appelle bien plutôt à l’attente d’un dernier dieu (letzte Gott), dont la venue marquerait un tournant dans le rapport à l’Être et à l’étant, au-delà de la métaphysique et de la technique. En résultera la description philosophique de l’articulation fondamentale ou de la structure historico-ontologique finie de tout peuple lors de son commencement, à l’aube de son histoire.
Affiliations

Citations

Ampleman-Tremblay, T. (2025). Heidegger et la question de l’Événement : finitude, langue et histoire dans les “Beiträge zur Philosophie”. https://hdl.handle.net/2078.5/274909