Qu’ont en commun des scientifiques qui déguisent des poissons platy pour tester leur pouvoir d’attraction sexuelle, une bergère qui habille une agnelle du pelage d’une autre petite décédée, et des naturalistes urbains qui aménagent des terriers d’hirondelles de rivage pour inviter une colonie à s’y installer ? Chacun de ces trois cas montre des techniques de leurre, où des humain·es manipulent des corps ou des lieux pour inciter d’autres animaux à agir (séduire, adopter, nicher…). Celleux-ci, en retour, ne répondent pas toujours (ou pas tout de suite) par ce qui était attendu d’elleux. Dans ce symposium, nous croiserons ces trois situations que nous aborderons comme des techniques de ruse qui visent l’agencement des mondes humains et animaux. Nous nous intéresserons à la matérialité de ces artefacts qui jouent chacun avec des qualités sensorielles (des attractions tantôt visuelles, tantôt auditives ou olfactives) comme autant d’appâts pour les êtres auxquels ils s’adressent. En réponse à quelles situations critiques ces artifices sont-ils mis en œuvre ? En quoi mettent-ils en jeu les relations interspécifiques et les êtres impliqués ? Et quels contrastes ces situations entretiennent-elles avec d’autres voies possibles ?
d’Hoop, A. (2025). Zoomorphismes ? Croiser des techniques de mimétisme. XXVI International Conference of the Society for Human Ecology, Université de Mons. https://hdl.handle.net/2078.5/269545