Dans le film Faust (1926)de F.W. Murnau, Méphisto, prince des ténèbres, veut convaincre le héros éponyme de lui céder son âme en échange d’un pouvoir absolu sur le monde. Sa ruse : offrir 24 heures de puissance au vieil alchimiste pour lui faire miroiter tout ce dont son impotence le frustre, et le contraindre ainsi à se damner volontairement pour l’éternité. Alors qu’après avoir recouvré sa jeunesse et enlevé une duchesse parmesane grâce à son sulfureux compagnon, Faust est sur le point de posséder la noble italienne, Méphisto lui indique que le jour d’essai est écoulé : il va redevenir vieux, et commun. Ivre de désir, le malheureux accepte de se placer sous la tutelle du démon pourvu qu’il puisse consommer ses noces barbares… L’histoire, emblématique de l’impérissable thématique du pacte avec le diable, est connue. A-t-on néanmoins suffisamment mesuré ce que les stratégies de Méphisto pouvaient révéler de la logique de notre propre kobold : la machine ?
Ghins, J.-B. (2022). L’indifférence est un produit industriel. En question, 3(142), 22-25. https://hdl.handle.net/2078.5/267526 (Original work published 2022)