Dès les années 1920, nombre de théoriciens de l’art se sont penchés sur le devenir de nos expériences esthétiques dans un contexte d’innovations galopantes. Restée vivace dans les cénacles académiques, leur « critique » acerbe de l’« industrie culturelle » est aujourd’hui ignorée au sein du débat public, jugée par trop pessimiste, voire aristocratique. À l’heure où l’on ne s’étonne plus de l’extraction massive de nos données d’usage, le rythme confortable de la consommation de « contenus » ne mérite-t-il pas d’être à nouveau interrogé par ces élèves indisciplinés de Marx ?
Ghins, J.-B. (2023). Le retour de la critique matérialiste de l’industrie culturelle ? : Nectart, 2(17), 150-159. https://doi.org/10.3917/nect.017.0150 (Original work published 2023)