Finance verte

(2025) Dictionnaire d’écologie politique — ISBN: [9782724644906], p. 259-264, published

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Depuis la signature de l’Accord de Paris en 2015, le montant total des investissements financiers en faveur des activités fossiles s’est élevé à près de 12 trillions de dollars, reflétant les liens historiques étroits entre les secteurs financier et extractif depuis le xixe siècle. Face à ce bilan, il faut comprendre la finance verte non comme un état de fait réalisé mais plutôt comme une série d’initiatives privées et publiques visant à réorienter les investissements financiers des activités fossiles aux activités renouvelables. En effet, le financement historique de l’extractivisme fossile a d’abord suscité des controverses sporadiques, notamment après des catastrophes comme le naufrage de l’Exxon Valdez en 1989, qui a conduit à l’émergence des premières coalitions d’investisseurs pour la responsabilité environnementale aux États-Unis. Ces réseaux privés se sont ensuite institutionnalisés, lançant des initiatives comme la Global Reporting Initiative pour intégrer des normes « environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) » dans les pratiques financières. La création de nouvelles banques éthiques et environnementales, les offres d’investissements verts par les banques traditionnelles et les demandes de verdissement des fonds de pension par leurs épargnants sont autant d’exemples de cette dynamique, qui ne concerne cependant qu’une partie largement minoritaire des portefeuilles financiers. Depuis l’Accord de Paris en 2015, ces initiatives se sont multipliées, gagnant le soutien et l’engagement de nombreux acteurs financiers publics. Pourtant, le financement des activités fossiles ne se tarit pas, tandis que l’allocation de ressources financières aux investissements visant le verdissement de l’économie reste largement insuffisante pour tenir ces engagements internationaux. Afin d’apporter des explications à ce paradoxe, cette entrée revient d’abord sur les origines et l’ambiguïté sémantique du concept de finance verte, les facteurs du paramétrage des instruments qui y sont associés, et apporte des explications à leur portée limitée.
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Citations

Fontan, C. (2025). Finance verte. In A. Estève,S. Ollitrault, A. Orsini,S. Persico, B. Villalba, M. Allain (ed.), Dictionnaire d’écologie politique (p. p. 259-264). Presses de Sciences Po. https://doi.org/10.3917/scpo.estev.2025.01.0259