- Les 20 dernières années, une explosion de recherches en psychologie sociale et les sous-disciplines proches a fait progresser, grâce aux méthodologies typiques en psychologie, notre compréhension du fait religieux - Au-delà du rôle de la socialisation religieuse ou pas et des évènements de vie significatifs pour le soi, le fait d’être croyant versus athée est prédit par de dispositions individuelles : traits de personnalité et style cognitif spécifiques - L’attractivité de la religion encore aujourd’hui s’explique par l’étendue des fonctions cognitives, émotionnelles, morales et sociales impliquées et par une certaine cohérence entre ces fonctions - Les valeurs principales caractérisant (a) la religiosité, (b) la spiritualité (non-nécessairement religieuse) et (c) l’athéisme sont respectivement (a) la conservation de l’ordre personnel et social, (b), la transcendance des intérêts trop individuels et (c) la rationalité et l’autonomie - La religiosité commune accentue la distinction entre endogroupes et exogroupes ethnoreligieux et moraux et s’accompagne (a) d’une prosocialité plus soutenue mais limitée aux endogroupes et (b) des attitudes préjudiciables, certes envers des exogroupes moraux, mais souvent aussi envers des exogroupes ethnoreligieux - Les similitudes entre les grandes religions, en opposition à la non-croyance, sur les préférences morales qui accompagnent la religiosité individuelle est plus grande que les différences culturelles religieuses
Saroglou, V. (2024). Religion, spiritualité, athéisme. In Laurent Bègue-Shankland (ed.), Traité de psychologie sociale: La science des interactions humaines (pp. 645-672). De Boeck Supérieur. https://hdl.handle.net/2078.5/232845