Ethnographies de l’intime, des silences et des situations de violences. Quelle place pour les émotions : entre méthodologies, biographies, éthiques et clefs d’interprétation ?

(2016) Parcours anthropologiques — Vol. 11, n° 1, p. en ligne (2016)

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Au travers de terrains dans les milieux de la prostitution, dans des situations de guerres et « d’encampements » (Agier, 2008), à propos de sorcellerie ou encore d’avortements clandestins, les auteurs réunis dans ce numéro interrogent les possibilités d’une ethnographie de l’intime, des silences et des situations de violences ainsi que la place des émotions dans l’élaboration des connaissances. Si en anthropologie, l’inhérence de la subjectivité et des affects engagés dans les processus de recherches font aujourd’hui l’objet d’un consensus relativement élargi (Caratini, 2004 ; Defreyne et al., 2015 ; Geertz, 2012 ; Ghasarian, 2004 ; Laplantine, 2012), la manière dont les émotions des interlocuteurs, tout comme celles des chercheurs, viennent les bouleverser dans ce qu’ils sont, dans leur manière de rencontrer l’autre et dans leurs interprétations font rarement l’objet d’une analyse systématique. Dans ce numéro, nous nous proposons de débattre de la (non)reconnaissance de la part d’émotions dans les travaux de recherches ethnographiques, par les chercheurs eux-mêmes tout comme par leur communauté scientifique, et de l’impact de cette (non)reconnaissance en termes épistémologiques et éthiques (Harris, 1997 ; Holland, 2007). L’engagement émotionnel du chercheur sera analysé à partir de différentes postures, tantôt mis au travail de la réflexivité pour plus de transparence dans l’enquête ; tantôt assumé comme orientation claire d’un écrit qui ne peut être que le résultat de la rencontre d’affects. En outre, ce sont parfois des êtres du côté de l’invisible ou des ancêtres qui viennent dire la place à accorder au chercheur ou qui l’enjoignent à prendre une place qu’il ne souhaitait pas ou n’imaginait pas occuper. La place à laquelle le chercheur est affecté peut également l’engager à devenir confident lorsqu’il est amené à recevoir une parole et des émotions qui n’ont pas d’autres lieux où être adressés.
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Mazzocchetti, J., & Piccoli, E. (2016). Ethnographies de l’intime, des silences et des situations de violences. Quelle place pour les émotions : entre méthodologies, biographies, éthiques et clefs d’interprétation ? Parcours anthropologiques, 11(1), en ligne. https://doi.org/10.4000/pa.468 (Original work published 2016)