Edouard Glissant ou la « défiliation » de l'imaginaire poétique Lecture décoloniale

(2024) Les Lettres Romanes — Vol. 78, n° 1-2, p. 53-73 (2024)

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Dans son poème "Infinitif du temps", le poète antillais, Édouard Glissant, appelle à "désengager la filiation", une filiation imaginaire qui s'empare de la raison et de l'histoire pour les figer en un "territoire absolu", celui de la légitimité. Cette interpellation tient une place centrale dans la quête de l'auteur pour ouvrir l'imaginaire à une philosophie de la relation libérée de l'emprise coloniale. Remettre le temps commun à l'infinitif, c'est se donner la chance de pouvoir le conjuguer à nouveau de différentes manières. Un tel geste comporte trois conditions du point de vue de l'opération épistémique qu'il sollicite : une optionalité, une contre-poétique et une "mémoire dangereuse" du passé confisqué. C'est en fonction de ces trois conditions que l'appel à la "défiliation" de l'imaginaire prend tout son sens : résister à la passivation du temps figé.
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Citations

Maesschalck, M. (2024). Edouard Glissant ou la « défiliation » de l’imaginaire poétique Lecture décoloniale. Les Lettres Romanes, 78(1-2), 53-73. https://doi.org/10.1484/J.LLR.5.141687 (Original work published 2024)