Veiller au « bien-être » des agents pastoraux prêtres et laïcs : un service du « bien-être partagé » ?

(2019) Église et bien-être partagé en Afrique — Location: Yaoundé (9.July.2019)

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Veiller au « bien-être » des agents pastoraux prêtres et laïcs : un service du « bien-être partagé » ? De grosses évolutions sont à l’œuvre parmi les agents pastoraux dans l’Eglise catholique en Occident : diminution drastique du nombre de prêtres, développement de la présence des « prêtres venus d’ailleurs », croissance des missions confiés à des laïcs. Comment sont-elles vécues ? Quelques recherches récentes fournissent des éléments de diagnostic. Giorgio Ronzoni, prêtre italien, s’est intéressé au burn-out parmi ses confrères. Parmi les premières causes, ceux-ci invoquent le manque de clarté quant à leur mission propre, qui va de pair avec un manque de vision. Autres causes largement invoquées : l’absence de soutien et la surcharge de travail qui enlève tout espace pour la vie privée. Le colloque « Église et métiers » a confirmé la fragilité statutaire des laïcs en mission ecclésiale : alors que prêtres et diacres sont ordonnés « à vie », les laïcs reçoivent des missions successives qui ne sont pas inscrites dans la durée. Cette « instabilité » se traduit dans des différences de traitement, parfois dans une imprécision de leur rôle. Venons-en aux « prêtres venus d’ailleurs ». le professeur Join-Lambert relève les grosses adaptations qu’ils ont à vivre en arrivant dans une Église en crise, où ils sont considérés comme étrangers, difficultés qui peuvent provoquer découragement et lassitude. Dans cette situation complexe, « veiller au "bien-être" des agents pastoraux prêtres et laïcs » se révèle comme un impératif. On peut regrouper les pistes proposées autour de trois mots-clés : ressourcement, accompagnement, formation. Le premier répond à une nécessité vitale. Chaque agent pastoral est appelé à veiller à son propre ressourcement. L’institution ecclésiale peut soutenir ce besoin en formant des accompagnateurs spirituels, et en offrant des temps de ressourcement : journée de prière, lieux réguliers de partage au sein des équipes de travail. Première dimension de l’accompagnement : offrir un cadre clair : mission, horaire, personnes de référence, évaluation. L’institution peut proposer une supervision individuelle ou des groupes d’analyse de pratiques professionnelles qui donnent l’occasion d’élargir son regard et développent une culture professionnelle entre pairs. La formation joue son rôle en développant les compétences : transversales (écoute, animation de groupe, leadership), ou spécifiques pour permettre à chacun de développer son charisme propre. Les formations communes aux agents pastoraux d’une Église offrent des espaces où construire une culture commune. Dans cette palette de possibilités, chacun veillera à mettre en œuvre ce qui est à sa portée. Relevons deux enjeux, dans la perspective du « bien-être partagé ». Le premier, c’est de développer une culture ecclésiale où on prend soin les uns des autres. Car une institution qui prend soin développe une culture du soin. Le deuxième, c’est de construire le corps : il ne s’agit pas seulement d’accompagner des individus, mais d’offrir des espaces où ensemble, on s’accompagne dans la traversée des mutations, on porte les nouveaux défis de la mission, on construit une vision d’avenir… au service du bien-être partagé !
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Citations

Chevalier, C. (2019). Veiller au « bien-être » des agents pastoraux prêtres et laïcs : un service du « bien-être partagé » ? Église et bien-être partagé en Afrique, Yaoundé. https://hdl.handle.net/2078.5/127602