La notion d’automatisation soulève au moins trois grandes catégories de questionnements. D’abord, l'automatisation de l’agencement des médias sur les réseaux sociaux à travers des algorithmes de recommandation et de classement tente de répondre au problème global de l’abondance d’information sur Internet. Ces algorithmes sont créés par des individus et ne sont pas neutres. Il convient dès lors de se poser la question de l'automatisation du point de vue de la production, de la hiérarchisation et de la diffusion. Ensuite, l'automatisation de l'interaction avec ces médias engage nos corps. Via des interfaces pensées en profondeur, ils nous encouragent à privilégier nos automatismes au détriment d’usages plus conscients. Les interactions entre humains et machines, les formes que prennent celles-ci ainsi que leur design génèrent donc des questions d’ordre éthique et épistémologique. Enfin, l'automatisation des processus de présentation des contenus a fait basculer le processus de diffusion médiatique d’une validation a priori -historiquement par les journalistes dans les salles de presse- à une vérification a posteriori -par des robots et modérateurs. Cette responsabilité est même accrue si l’on considère que chaque micro-pratique (clic, like, partage, etc.) va modifier non seulement les propositions de contenus pour l’utilisateur mais aussi pour le réseau dans son ensemble, faisant émerger des questionnements autour des perceptions et usages des médias automatisés.
Claes, A. (2021). Interagir avec des médias automatiques : entre automatismes et autonomie . Médias Automatisés, Université Saint-Louis Bruxelles. https://hdl.handle.net/2078.5/101745