Au début du XVIe siècle, les compositeurs écrivaient habituellement sur des supports effaçables. On ne conserve pour ainsi dire pas d’esquisses qui permettraient de retracer la génétique des œuvres musicales de cette époque, ni de manuscrits autographes qui donneraient accès à la version « originale » d’une composition. Souvent, celle-ci doit être reconstituée au départ de manuscrits et d’imprimés plus ou moins postérieurs. Ces sources présentent presque toujours des variantes, parmi lesquelles il s’agit de déterminer les leçons les plus plausibles. L’analyse musicale joue un rôle essentiel dans cette opération. Elle permet d’éliminer les erreurs manifestes ou probables et de retracer les intentions du compositeur. Cette démarche est illustré à l’aide du motet Sancta Trinitas d’Antoine de Févin, qui semble avoir joué d’un certain succès dans la première moitié du XVIe siècle et qui est conservé dans plusieurs dizaines de sources.
Ceulemans, A.-E. (2025). L’œuvre effacée : Une reconstitution du motet Sancta Trinitas d’Antoine de Févin. VIIIe Biennale d’analyse musicale, Bruxelles, Conservatoire royale de musique.