À plus d’une reprise durant sa longue carrière, Marcel Raymond (1897-1981) s’est intéressé à Baudelaire. S’il ne lui consacre pas de monographie, il écrit une préface à ses Œuvres complètes (Lausanne, La Guilde du Livre, 1967), ainsi qu’un nombre important d’études qui intègrent parfois d’autres ensembles thématiques – Romantisme et rêverie (1978), par exemple, possède de belles pages sur les Paradis artificiels. À travers les années, Baudelaire paraît être une présence insistante dans sa production critique : de sa thèse sur Ronsard à ses essais sur Paul Valéry, en passant par son ouvrage le plus fameux – De Baudelaire au surréalisme, paru chez José Corti en 1933 –, Raymond parle encore de Baudelaire. Le poète figure au cœur des conversations avec ses amis Albert Béguin et Georges Poulet ; et sa correspondance est riche d’échanges avec Claude Pichois, Georges Blin, ou encore Yves Bonnefoy, qui le ramènent, chacun à sa manière, au monde des études baudelairiennes, ses querelles, ses hommages et ses partis pris. Baudelaire, autrement dit, est pour lui un totem poétique, un jalon insurpassable qui détermine une large frange du devenir de la poésie française.
Zanetta, J., & et al. (2021). “Baudelaire : Romantisme et modernité”, par Marcel Raymond, texte présenté, établi et annoté par Julien Zanetta. L’Année Baudelaire, 25, 5-20. https://hdl.handle.net/2078.5/167242 (Original work published 2021)