Approche globale du livre de la Genèse dans une perspective anthropologique. Si ce livre est encore lu aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce qu’il est intéressant de chercher à en savoir davantage sur son histoire, de voir comment elle s’insère dans l’ensemble de la Bible et d’admirer l’art narratif de ses auteurs. C’est sans doute davantage parce qu’elle parle abondamment de l’être humain, de ce qui le fonde comme tel, et de ses possibles relations avec le créateur. C’est aussi parce qu’elle donne à penser sur la condition des hommes et des femmes, images de Dieu. Son récit, en effet, s’offre au lecteur comme une vaste anthropologie narrative où sont mis en scène de larges pans de l’existence humaine. Le narrateur y évoque des tranches de vie, il montre les humains aux prises les uns avec les autres dans de multiples relations, il tente de saisir et de rendre dans son récit quelque chose de leur acte d’exister. La plupart du temps, du reste, il centre l’attention sur des questions cruciales où se joue le devenir de l’humain – sa «genèse» pourrait-on dire –, ou au contraire sa déchéance: les rapports de l’être humain avec lui-même, les relations entre homme et femme, entre parents et enfants, puis entre frères et entre sœurs, sans exclure les frères et sœurs en humanité que sont les étrangers.
Wénin, A. (2001). La question de l’humain et l’unité du livre de la Genèse. In A. Wénin (ed.), Studies in the Book of Genesis. Literature, Redaction and History (p. p. 3-34). University Press - Peeters. https://hdl.handle.net/2078.5/205139