Cette communication défend l’hypothèse selon laquelle le grand ensemble (Courbebaisse, 2017) constitue une intériorité étendue pour des personnes dont la sphère spatiale se réduit progressivement. Des recherches en psychologie environnementale nous renseignent sur les effets du vieillissement sur le rapport des personnes à l’espace et au temps. La réduction de l’espace social, de la mobilité, des déplacements, les pertes de la maitrise de l’espace accompagnent inéluctablement le processus de vieillissement et participent à la transformation de la sphère spatiale appréhendée et vécue (Morval, 2006). Or, ce rétrécissement ne peut-il pas être amoindri et ou compensé par certains dispositifs spatiaux ? La présence de balcons, de paliers et d’équipements collectifs peuvent-ils pallier ce rétrécissement et participer à une redéfinition des limites de la sphère intime ? Sous quelles conditions, « ce rétrécissement ne pourrait-il pas déboucher […] sur une dilatation de l’espace intérieur ? » (Morval, 2006). C’est ce que nous proposons d’explorer à partir du grand ensemble, forme urbaine faisant lien entre l’espace individuel de l’appartement et l’espace public de la ville, échelle collective par excellence avec ses communs, ses espaces extérieurs, ses équipements. De quelle manière cette extériorité amenée par les espaces intermédiaires et les abords des grands ensembles agit-elle en faveur d’un agrandissement, d’une ouverture de l’espace vital de ses habitants ?
Courbebaisse, A. (2023). Le grand ensemble : une intériorité étendue support du bien vieillir chez soi. Territoires en transition. Habitat, vieillissement et espaces de vie, ENSA Rouen. https://hdl.handle.net/2078.5/235364