(fr) Incarnation du pouvoir de l’Etat, le droit pénal est très largement traversé par les mouvements qui affectent l’action publique. A travers une reconstruction généalogique mettant l’accent sur quelques grands traits de la normativité pénale moderne et de ses évolutions dans le temps, je voudrais mettre en lumière quelques transformations qui me semblent affecter les rapports du droit et de la justice pénale au sujet et à la subjectivation. Dans un premier temps, je reviendrai sur la symbolique générale du droit « moderne » et la place qu’elle donne, dans le champ pénal, à un sujet «d’obéissance» sans guère se préoccuper d’une éventuelle dimension subjectivante de la réponse pénale (I). Dans un second temps, je m’attarderai sur les mutations de la pénalité contemporaine, pour souligner la profonde ambivalence du « sujet pénal » contemporain, tel qu’il est promu à travers divers dispositifs, dans une oscillation entre idéal d’affiliation et souci d’auto-contrôle (II).
Cartuyvels, Y. (2007). Action publique et subjectivité dans le champ pénal : une autre conception du sujet de droit pénal ? In F. CANTELLI, J.L. GENARD (dir.) (ed.), Action publique et subjectivité (p. p. 87-101). L.G.D.C. https://hdl.handle.net/2078.5/259567