Le mariage bourgeois est considéré de manière ironique par les poètes de la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Il serait justement le symbole d'un ethos bourgeois pleinement orienté vers la vie matérielle, parfaitement antinomique d'un ethos poétique tourné vers la quête d'un idéal ou d'un absolu. Le mariage ne peut plus constituer un thème de la poésie à moins qu'un poète veuille y faire entrer le réel le plus commun, ce qu'opère le parnassien François Coppée dans le recueil Les Humbles (1872), où il montre à quel point la situation maritale – ou son absence – pèse sur les trajectoires individuelles et sociales, jusqu'à entraîner le déclassement ou l'exclusion. Dans un second temps, nous confrontons la vision du mariage chez Coppée à celle présente dans un autre recueil parnassien, Rayons perdus (1869) de Louisa Siefert.
Robert, L. (2020). Se marier (ou pas): le mariage dans Rayons perdus de Louisa Siefert et Les Humbles de François Coppée. Les Lettres Romanes, 73(3-4), 459-473. https://doi.org/10.1484/J.LLR.5.119893 (Original work published 2020)