« Condamnés à l’immobilité » : La prison contemporaine en quête de discipline

(2015) SociologieS — (2015)

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Cet article vise à mettre en lumière la mise à mal des imaginaires de la mobilité comme une forme de sanction pénale. Une brève analyse architecturale d’une des prisons construites en Belgique illustre l’extrême immobilité spatiale à laquelle sont condamnés les détenus. Celle-ci peut, dès lors, être mise en balance avec les discours prônant l’ouverture, la mobilité et l’implication des détenus dans le processus carcéral. L’hyper-sectorisation des espaces de vie, la formalisation des circulations et la dépendance face au personnel sont ainsi décryptées. Le « projet » pénitentiaire est également analysé dans cet article. Les espaces sociaux bridés par la nécessité d’éviter toute forme de regroupement (religieux, notamment), l’offre de formations peu ou pas valorisantes ou les stratégies internes de mutation des détenus illustrent sous une autre focale la condamnation à l’immobilité (toujours à contre-pied des discours). En analysant l’enfermement pénitentiaire sous cet angle, et en évoquant la parole des détenus sur la question de l’immobilité (être enfermé, sans opportunité de déplacement physique et social) et de l’immobilisme (intégrer ce stigmate de l’être enfermé, en refusant la mobilité), il est possible de concevoir la peine d’emprisonnement comme le retrait d’une des valeurs fondamentales de notre société : la mobilité ; et finalement d’interroger l’éternelle quête disciplinaire qui sous-tend la prison.
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Citations

Scheer, D. (2015). « Condamnés à l’immobilité » : La prison contemporaine en quête de discipline. SociologieS. Published. https://doi.org/10.4000/sociologies.5176 (Original work published 2015)