Derrière le fantasme d’un voyage aux antipodes et au long cours, la réalité sociale à laquelle se retrouve confrontée une large part de la population migrante de ‘backpakers’ européens, fraîchement débarqués sur le territoire australien, recouvre bien d’autres facettes. Aux prises avec un quotidien financier fortement différencié, volontiers axé sur le tourisme et les activités de loisirs, c’est, finalement, sur des postes saisonniers, majoritairement agricoles, que cette « jeunesse voyageuse du troisième millénaire » est amenée à satisfaire ses nécessités matérielles. Mais leur ignorance, parfois totale, de ces emplois précaires, additionnée à la forte affluence migratoire instaurant la concurrence, est l’occasion, pour de nombreux employeurs, de rémunérations à bas salaire. C’est là que se déploie le statut social particulier dont ils sont tributaires, et dirige la plupart de leurs déplacements…
Angéras, A. (2016). ‘Backpaking’ et ‘Working Holiday Visa’ en Australie : entre tourisme et salariat précaire. In Campari E., Mésini B. et S. Mourlane (ed.), Mobil Hom(m)es. Formes d’habitat et modes d’habiter la mobilité (Les éditions de l’Aube, p. p. 170). Les éditions de l’Aube. https://hdl.handle.net/2078.5/94142