Le terme de réussite est par essence polysémique (Annoot et al., 2019), Paivandi précise qu'au niveau international “'il n'existe pas de consensus sur la définition de la réussite universitaire “ (Paivandi 2019, p.19). Pour pallier à cette limite, De Clercq, Perret et Constans (2025) ont proposé une approche théorique tridimensionnelle de la réussite : distinguant réussite académique, réussite éducative et réussite étudiante.
La réussite académique, reprise de Roland et ses collègues (2015), se définirait comme la satisfaction des étudiant·es aux critères minimaux de maîtrise des compétences relatives à leur cursus.
La réussite éducative, entre autres basé sur les propos de Lapostolle (2006), serait l'évolution dans le degré de maîtrise et le type de connaissances et compétences développées par les étudiant·es au cours de leur parcours dans l'enseignement supérieur.
La réussite étudiante (ancrée dans les travaux de Schreiner et al., 2020) se définirait comme l'atteinte par les étudiantes de (1) leurs objectifs personnels selon leur temporalité et leur contexte, et (2) une forme de stabilisation dans l'enseignement supérieur. Cette dernière forme de réussite serait à son tour divisée en 5 sous-dimensions : la réussite personnelle, volitionnelle, vocationnelle, psychoaffective et sociale.
Bien que ces travaux permettent une meilleure clarification du terme de réussite et offrent un outil structurant pour mettre en place une approche de la réussite plus précise, ces derniers ne fournissent pas d'outil pour mesurer ces réussites ni pour en comprendre les interrelations. L'objectif sera alors de proposer des outils de mesure permettant d'attester de la réussite académique, éducative et étudiante; d'analyser l'évolution de ces réussites au fil de l'année et de voir dans quelle mesure ces formes de réussite sont liées les unes aux autres.
Cette communication vise à présenter une étude longitudinale menée sur 853 étudiant·es suivis durant les étapes clés de leur première année dans l'enseignement supérieur. Leurs réussites ont été mesurées au travers d'une série de mesures autorapportées (présenté durant la communication). Les résultats, toujours en cours d'analyse mais finalisés pour la conférence, permettront d'analyser l'évolution des différentes réussites au cours de l'année mais également les relations qu'entretiennent réussite académique, éducative et étudiante. Des résultats préliminaires montrent des liens majoritairement modérés entre les différentes formes de réussite et des courbes de croissance diversifiée en fonction des formes.
De Clercq, M. (2026, June 22). Mesurer l’évolution des différentes réussites en première année à l’université : une approche tridimensionnelle. EGALISUP, Rouen. https://doi.org/10.3917/cdle.060.0209