Au fond, les spectres

(1997) La Part de l’Oeil — n° 13 (1997)

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Il est impossible d'entendre l'architecture dans un pur présent. Le goût des "antiques" qui porta en leurs temps les cénacles savants vers une passion des ruines, comme la nostalgie du "patrimoine" à quoi s'abandonnent aujourd'hui les masses démocratiques, ne sont sans doute que les effets lointains d'un décalage de principe qui astreint à l'échec toute prise actuelle de l'architecture. "Habiter, c'est laisser des traces", a écrit Walter Benjamin. Et l'architecture est à porter au compte des traces les plus pérennes. Pour autant, si la trace demeure par-delà l'effacement de sa cause, être selon le lieu/l'architecture revient à séjourner parmi du révolu, à se tenir et à se mouvoir au sein du reflux: le moment vrai de l'architecture, originaire et conforme, est, pour chaque instant, dépassé.
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Citations

Stillemans, J. (1997). Au fond, les spectres. La Part de l’Oeil, 13. https://hdl.handle.net/2078.5/213221 (Original work published 1997)