Le cinéaste soviétique Lev Koulechov est surtout connu comme l’un des théoriciens fondateurs du montage cinématographique. Mais au delà de cet intérêt pour l’accolement des images, ses écrits témoignent également d’une grande attention pour le jeu d’acteur et plus spécifiquement pour le corps en mouvement. Comment lier ces deux thèmes, majeurs au sein de son œuvre? Au départ du concept eisensteinien de « pose », nous tenterons de saisir ce que peut être un corps pris au sein du montage, un corps d’images, un corps cinématographique. En nous confrontons à l’un des films de Koulechov, Dura lex, nous analyserons les relations du corps à l’image montée, saisissant, à chaque fois, les multiples fragmentations et découpages mutuels qu’ils infligent l’un à l’autre.
Pfeiffer, N. (2015). Corps fragmentés, images montées. MethIS : Méthodes et Interdisciplinarité en Sciences Humaines, 5(1), 131-148. https://hdl.handle.net/2078.5/202107 (Original work published 2015)