Plusieurs éléments de l’œuvre de Yannick Haenel, écrivain français né en 1967, font directement écho à la question du « disparaître » : ses narrateurs sont des déserteurs qui ne cessent de se dérober ; la notion d’identité y est saisie comme un mirage aliénant dont il convient de se détacher ; la question de la liberté y est primordiale ; le vide, le calme et la solitude constituent des motifs récurrents et décisifs de ses textes ; ses livres mettent en place une poétique de l’errance ; la perspective d’une autre dimension d’existence y est avancée, voire valorisée ; etc. Questionner Yannick Haenel sur la volonté de disparaître – sur l’actualité d’un tel geste –, qui caractérise à la fois la dynamique interne de ses récits et sa posture d’écrivain, vise à cerner de plus près l’enjeu créatif de cette problématique.
Lahouste, C. (2017). « S’établir dans le libre rien. Se maintenir dans le sans-attache ». Entretien avec Yannick Haenel. Tete-a-tete, 1(8 - Disparaitre), 48-60. https://hdl.handle.net/2078.5/175962 (Original work published 2017)