Dans la vie de tous les jours, nous rencontrons les nombres dans des contextes variés (Fuson, 1992). Dans des contextes non-numériques, ils peu- vent servir d'étiquette (par exemple, je prends le bus 72 et je regarde la chaîne de télévision AB3). Dans des contextes numériques, ils peuvent exprimer l'or- dinalité (je suis le deuxième enfant de la famille) ou bien la cardinalité (il y a 15 marqueurs dans mon plumier). Ce dernier aspect est primordial et constitue réellement le cœur de la sémantique numérique. Le nombre sert en effet à quantifier un nombre d'éléments (j'ai cinq doigts à une main), d'événements j'ai sauté trois fois) ou encore un nombre d'unités de mesure (il y a 3 m de ruban). Cette quantification permet aussi de comparer des ensembles (Jules a 7 pommes et Paul en a 3, donc Jules a plus de pommes que Paul), de décom- poser d es ensembles j'ai 3 tartines, j'en mangerai 1 ce matin et 2 ce midi) ou de combiner des ensembles (tu as 2 billes et moi j'en ai 4, ensemble on en a 6). Cette représentation de la magnitude du nombre, c'est-à-dire, de la quantité à laquelle il réfère, est donc tout à fait primordiale. Dans ce chapitre, nous tâcherons de comprendre quelle est la nature de la représentation sémantique du nombre, comment celle-ci se développe au cours de l'enfance et, enfin, dans quelle mesure, un déficit au niveau de cette représentation pourrait éven- tuellement caractériser les enfants dyscalculiques.
Noël, M.-P. (2005). La représentation sémantique du nombre : son développement et ses troubles. In Noël, Marie-Pascale (ed.), La dyscalculie : trouble du développement numérique de l’enfant. (Solal, p. p. 105-137). https://hdl.handle.net/2078.5/269757