En partant de l'analogie wittgensteinienne entre la figure du fou et celle du philosophe, j’explore, dans cet article, la question de savoir dans quelle mesure nous pouvons donner sens à un discours délirant. Pour cela, je pars de deux analyses philosophiques de la schizophrénie, desquelles je me départis ensuite. Ces approches sur lesquelles je m’appuie ne prétendent pas offrir une analyse exhaustive du diagnostic de schizophrénie, mais s’appuient, pour l’une – il s’agit de l’analyse de Louis Sass dans Les Paradoxes du délire – sur l’expérience clinique, et pour l’autre – il s’agit des analyses de collègues psychologues, philosophes et informaticiens de l’université de Lorraine (Manuel Rebuschi, Maxime Amblard et Michel Musiol) – sur des analyses de conversations avec des patients étiquetés « schizophrènes », dans des institutions psychiatriques françaises.
Aucouturier, V. (2020). Le fou, le solipsiste et le philosophe. Philonsorbonne, 14, 161-177. https://doi.org/10.4000/philonsorbonne.1511 (Original work published 2020)