Résumé : Que ce soit au nom d’une exigence démocratique ou afin d’augmenter le niveau d’acceptabilité sociale des lourdes contraintes associées à la lutte contre les pandémies, il y a de forts arguments pour que ces contraintes soient collectivement débattues. Mais dans la mesure où ces débats mobiliseront les croyances, les valeurs et les intérêts les plus précieux des citoyens, ils risquent d’être très polarisants et de visibiliser des oppositions irréductibles entre des définitions concurrentes de la vie bonne. On plaide donc pour ne pas foncer tête baissée dans le débat et réfléchir aux garde-fous qui permettront d’éviter qu’ils ne dégénèrent en violences physiques meurtrières. Il ne faudrait pas que les débats appelés pour augmenter l’acceptabilité sociale des protocoles de priorisation et ainsi prévenir des réactions de résistances violentes ne deviennent eux-mêmes des foyers de violence. Le remède serait sinon aussi grave que le mal.
Chaumont, J.-M. (2020). Après la pandémie, des débats nécessaires mais périlleux. In ss la dir. de Emmanuel HIRSCH (ed.), Pandémie 2020 (du Cerf, p. p. 801-808). Ed. du CERF. https://hdl.handle.net/2078.5/224634