Analyse comparative des stratégies discursives et des répertoires médiatiques des acteur·ices de la participation environnementale : essai de problématisation
Depuis 2012, nous observons une levée des contestations et mobilisations écologistes des citoyens dans des espaces publics. Parallèlement, les « activistes de la transition » « ancrent leur engagement dans leur vie quotidienne » (Pleyers, 2014, p.10). Par contraste, les initiatives de participation institutionnelles veillant à traiter de l’enjeu climatique se multiplient. Nous sommes face à une participation environnementale morcelée. En effet, si la question environnementale est aujourd’hui sur le devant de la scène, il existe une multiplication des mouvements, des dispositifs et des discours. Nous nous intéressons à la co-construction d’un espace public environnemental à travers les discours de trois groupes d’acteur.rice.s : (1) Les militan.te.s des organisations climatiques (Youth for Climate Belgium, Youth for Climate France) ; (2) Les acteurs de « l’activisme de transition » ; (3) Les dispositifs participatifs institués traitant de l’enjeu climatique . Plus spécifiquement, nous optons pour une approche multimodale au sein de laquelle le discours : « ne se contente pas de décrire un réel qui lui préexiste mais construit la représentation du réel que le locuteur souhaite faire partager par son allocutaire » (Seignour, 2011, cité dans Vossen, 2019, p.8). Nous explorons les dimensions suivantes : Quels sont, respectivement, les stratégies discursives mobilisées, les schémas argumentatifs, les concepts, les slogans, les images, les couleurs, etc. ? Qu’est-ce qui les meut à agir et à sensibiliser les autres ? En outre, nous exploronsla notion « d’espace public environnemental » en tant que « ‘’public sphericules’’, selon l’expression de Gitlin (1998), de petits espaces multiples et alternatifs. Cet espace symbolique plus éclaté met en tension des discours d’acteurs sociaux souvent contradictoires » (Lits, 2014, p.79) où public et privé se mêlent dans un espace multimédiatique. Par ailleurs, dans le contexte d’une société hyper-médiatisée (Jean, 2019), la mise à l’agenda médiatique est devenue indissociable de la mise à l’agenda politique des demandes climatiques (entretien avec Lucie Morauw, 2021). Dès lors, nous souhaitons nous pencher sur les « répertoires médiatiques » compris comme « répertoire[s] composé[s] des formes d'action destinées à attirer les médias ou celles visant à construire ses propres moyens de communication » (Ollirault, 1999) mobilisés par ces mouvements sociaux et dispositifs institués dans une approche comparative. En effet, le mouvement écologiste a été, dès ses origines, pionnier dans son utilisation transfrontalière des médias (Ollirault, 1999, p.153). Mais comment ces différents acteur.rice.s de la participation environnementale mobilisent-il.elle.s les médias ? Enfin, nous porterons une attention particulière au profil des jeunes militantes. En effet, la mobilisation militante écologiste est depuis ses origines marquée par la jeunesse de ses acteur.rice.s (Ollirault, 1999), mais récemment également par la surreprésentation du public féminin (Wahlström, et al., 2019). Ceci dans le contexte de la France et de la Belgique, en raison du critère langagier et culturel, mais aussi en vue d’y inclure le facteur transnational inhérent aux organisations écologistes (Ollirault, 1999).
Vossen, K. (2021). Analyse comparative des stratégies discursives et des répertoires médiatiques des acteur·ices de la participation environnementale : essai de problématisation. Journée Jeunes Chercheur.e.s, Online. https://hdl.handle.net/2078.5/167013