« Qu’est-ce qui est en jeu lorsqu’on pense et qu’on écrit l’Afrique depuis sa diaspora, son ailleurs ? » Cette question posée par A. Mbembe dans « Critique de la raison nègre » (2013) m'a permis de prolonger l’effort constant de réflexivité mené dans le cadre d’une recherche doctorale en sociologie portant sur l’évolution des rapports de genre en Algérie. A partir de ma « situation ethnographique », en tant que native, acculturée par son long séjour en Europe et revenant sous le statut d’immigrée, ce court texte constitue donc un hommage à celui qui a éclairé, de sa lanterne, cette « situation » postcoloniale, qui module mon positionnement en tant que chercheuse, grâce à sa mise en lumière du rapport au temps dans la structuration de la subjectivité et l’infinie possibilité de combinaisons qu’offre sa « concaténation » pour les acteurs sociaux. C’est plus spécifiquement le chapitre sur le « temps nègre » (pp.177-ss) qui m’a offert un cadre pour conceptualiser ce mouvement de ma subjectivité au gré de celui de mon corps à travers l’espace, et comprendre le processus qui a permis, par-delà une recherche (illusoire) du temps perdu , l’éclosion d’une « identité passante » par l’ouverture des canaux de communication entre le Moi et ses doubles.
Djelloul, G. (2020). De la recherche du temps perdu à la co-inclusion de l’Autre en Soi : éloge de l’identité passante. In édité par Aymar Nyenyezi Bisoka et Matthieu de Nanteuil (ed.), Achille Mbembe. Le devenir-nègre du monde (Cécile Defaut). Cécile Defaut. https://hdl.handle.net/2078.5/120586