Le roman d’Uwe Johnson Jahrestage aus dem Leben von Gesine Cresspahl (Une année dans la vie de Gesine Cresspahl)1 présente une discontinuité narrative originale. On peut se demander si cette discontinuité est justifiée par la conception même de l’œuvre, ou si c’est elle, en fait, qui énonce les conditions structurales et qui exige, par exemple, la dichotomie à la base du récit. La discontinuité serait-elle un dispositif en vogue qui se sert de la narration historique ou alors est-ce la narration historique qui nécessite les interruptions et les reprises du récit ? La discontinuité du cycle johnsonnien est un fort élément de rupture qui devient paradoxalement le principe structurel et narratif permettant de rassembler et de tenir les fils des nombreuses Histoires du 20e siècle que l’auteur a entrepris de raconter. L’analyse de différents segments de récit, visant particulièrement à saisir la procédure de transition de l’un à l’autre, dévoilera une manière originale de se rapporter à l’Histoire – le grand sujet de cette épopée moderne.
Nannicini, C. (2007). Les Jahrestage d’Uwe Johnson : la discontinuité narrative au service de l’Histoire. Trans, Esthétique de la discontinuité(3), 15. (Original work published 2007)