Scènes primitives des exils de Jacques Derrida

(2019) Les Lettres Romanes — Vol. 73, n° 3-4, p. 407-417 (2019)

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En 1942, Jacques Derrida, parce qu’il était juif, a été expulsé du lycée d’Alger où il étudiait, pour être envoyé dans une école juive, mais il a fait l’école buissonnière, il s’est exilé de cette autre école. Double exil, involontaire et volontaire, qui fut une source d’écriture dans la mesure où il a raconté à de multiples reprises et selon divers styles cette scène primitive de l’exil. Jacques Derrida se sera donc mis en scène comme un exilé qui doit répéter sans cesse son histoire : qu’il s’agisse du pouvoir, quelque forme qu’il prenne, ou des hôtes privés, du monde associatif ou humanitaire…, voire des lecteurs et des lectrices qui accueillent le texte, il y a, chaque fois, l’exigence ou l’attente d’un récit de l’exilé afin que, d’une certaine façon, il se justifie devant ces différentes instances d’être en exil.
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Lisse, M. (2019). Scènes primitives des exils de Jacques Derrida. Les Lettres Romanes, 73(3-4), 407-417. https://doi.org/10.1484/j.llr.5.119890 (Original work published 2019)