Lorsqu’un décès survient en milieu monastique ou canonial, les communautés sollicitent l’intercession des vivants. Or, les noms des défunts sont indispensables à la commémoration liturgique ; leur échange épistolaire est attesté dès le VIIIe siècle à l’initiative de personnalités ou de communautés. Deux formes d’annonces funéraires apparaissent progressivement au VIIIe-IXe siècle : les rouleaux et les brefs mortuaires, objets de l’étude. La production des brefs incombe à l’officier garant de la mémoire des défunts, qui reprend ou adapte des modèles préétablis en raison de la fréquence d’envoi de brefs. Leur format et leur caractère essentiellement performatif expliquent leur faible conservation, malgré leur émission en quantité tout au long du Moyen Âge. De fait, ils sont produits en vue d’accumuler les suffrages des communautés liées par des confraternités ou apparentées spirituellement : ils incarnent et entretiennent le réseau confraternel et la solidarité des ordres monastiques.
Université de PoitiersCESCM (Centre d'études supérieures de civilisation médiévale)
Citations
APA
Chicago
FWB
Venturelli, E. (2024). Annoncer la mort en milieu monastique et canonial. Les brefs mortuaires du VIIIe au XIVe siècle. Revue Mabillon, 35(1), 21-53. https://doi.org/10.1484/J.RM.5.150415 (Original work published 2024)