D’abord le concret. L’ouverture aux autres, la création de solutions pragmatiques à des besoins matériels. Un toit, un lit, une douche. Ensuite, la rencontre, le changement des mots et des représentations, la réinvention discursive et symbolique, la réhumanisation de l’autre, de l'étranger, en danger chez nous. Le « plaidoyer par l’action » est à l’œuvre : les chiffres, les concepts, les préjugés, se meuvent petit à petit en êtres de chair et d’os, au travers des personnes accueillies et rencontrées. In fine, cette réaction humanitaire, ce geste de solidarité posé dans un élan d’humanité, aura mené à la conscientisation de milliers de personnes sur ce qui subissaient et subissent encore les personnes exilées présentes ou de passage en Belgique : privation de droits, boucs émissaires politiques, épouvantails idéologiques, harcèlement, humiliations, violences systémiques et systématiques conduisant, dans les cas les plus tristement célèbres, à la mort (e.a., la petite Mawda, fillette kurde morte d’un tir policier).
Costa Santos, A. (2022). Bruxelles, de l’urgence à la prise de conscience collective. In Briké, Xavier; Gilson, Laurent; Allen, Chloé (ed.), Migrations: du mépris aux mobilisations solidaires (Cet ouvrage fait état de la diversité de pratiques collectives et des trajectoires individuelles qui ont mené de nouveaux acteurs de la solidarité à s’impliquer auprès de personnes dites « migrantes » suite à l’avènement du mouvement Refugee Welcome en Europe., p. 324). Academia. https://hdl.handle.net/2078.5/279308