L’article traite d’une figure du patriarcat qu’est le gentleman savant, neutre et non impliqué, née de la Révolution scientifique (16e-17e siècles), dont l’idéal persiste encore aujourd’hui au sein des milieux académiques, quels que soient le sexe des chercheur·e·s et les disciplines concernées. Critiquer cette figure n’équivaut pas à se détourner des sciences mais à s’y impliquer pour y faire entrer d’autres figures du savoir ; c’est ce que l’auteure démontre en mobilisant les travaux de Vinciane Despret, Donna Haraway et Isabelle Stengers ainsi que, plus ponctuellement, d’autres auteur·e·s féministes des sciences. En effet, ces trois philosophes qui se disent héritières de la Révolution scientifique n’ont cessé de mettre à mal la figure de l’autorité scientifique désengagée, en inventant des contre-figures du savoir. En explorant celles-ci, l’article veut contribuer à une meilleure prise en compte des idéaux et des manières de faire science, dont le caractère patriarcal est encore trop souvent ignoré.
Zitouni, B. (2021). Héritières de la Révolution scientifiques : d’autres figures et manières de faire science. Nouvelles Questions Féministes, 40(2), 1-20. https://hdl.handle.net/2078.5/166036 (Original work published 2021)