Le fait que la signification de « modernisme » est différente selon les historiographies nationales est bien connu. Le présent article s’empare de cette doxa et la met à l’épreuve en comparant la situation du roman moderniste dans l’histoire de la littérature française et dans celles des autres aires géolinguistiques. Le point de départ est que l’étiquette moderniste associée au roman a fait l’objet d’un engouement critique tardif en France. En dépliant les raisons de ce retard, en faisant le point sur les travaux à ce sujet et en proposant de définir le roman moderniste comme un roman où les errances de sujets en perte de repères se reflètent dans la forme des œuvres, l’enjeu est ici d’interroger la portée et les bornes conventionnellement établies du modernisme. Se faisant, l’article contribue à un décloisonnement des historiographies nationales et à un élargissement des traits prototypiques du modernisme, garanties d’une compréhension plus juste et plus nuancée des proses publiées à la charnière des XIXe et XXe siècles.
Chiroux, A., Deblander, M., & Roland, H. (2026). Les historiographies nationales à l’épreuve du modernisme : écritures en prose et errances du sujet. In Adrien Chiroux, Maxime Deblander & Hubert Roland (dir.) (ed.), Décloisonner le modernisme : Errances du sujet et expériences en prose. Peter Lang. https://hdl.handle.net/2078.5/272016