La lecture de Lamiel permet de souligner le rapport ambivalent qu’entretenait Stendhal avec le lieu commun : d’un côté les protagonistes successifs – le narrateur, puis le docteur Sansfin, puis la jeune Lamiel – se distinguent par leur hantise de l’ennui et leur refus de la banalité, qu’ils combattent de diverses manières (par la chasse et le jeu chez le premier, par les calculs et la manipulation chez le deuxième, par les audaces et la passion de la lecture chez la troisième), de l’autre, l’écriture stendhalienne abonde elle-même en clichés et en lieux communs, favorisant ainsi une attitude dédoublée chez le lecteur. Ce dernier est en outre balloté entre une diversité de pistes narratives qui l’empêchent de clicher ce roman dans un schéma explicatif unique.
Dufays, J.-L. (2023). Visages et usages du lieu commun dans Lamiel. Revue Stendhal, 4, 76-86. https://doi.org/10.4000/stendhal.299 (Original work published 2023)