(fr) La thèse porte sur les enjeux de la gestion de l’eau de pluie dans la conception architecturale et l’aménagement du territoire, aujourd’hui, en Occident. Elle dégage des éléments de réponses à partir de la représentation de cet élément dans l’imaginaire de notre société. A cette fin, une approche multidisciplinaire est engagée : scientifique, technique, politique, symbolique, historique, philosophique et architecturale. Cette vision holistique de la gestion de l’eau permet d’élargir les considérations technologiques acontextuelles généralement exposées. Elle permet de révéler leur part symbolique et le potentiel de structurations spatiale, temporelle et identitaire de la gestion de l’eau de pluie. Depuis quelques années, les bassins d’orage dit traditionnels évoluent vers des propositions décentralisées et intégrées à l’urbain, appelées, dans cette recherche, jardins d’orage. Ce travail tente de mettre en évidence les enjeux de ce changement de choix technique. Notre société occidentale du XXIe siècle incarne dans la matérialité de ces jardins d’orage la représentation, à échelle humaine, qu’elle se fait du monde : un ensemble complexe, vivant, interdépendant, participant à de gigantesques cycles. Parallèlement, ces jardins d’orage deviennent des lieux de perception du temps et du paysage. Ils offrent des opportunités de réconcilier l’habitant avec la naturalité et l’historicité des villes (climat, topographie, hydrographie, sol, sous-sol…). Leur ordonnancement dans la trame de la ville suggère de les penser en nouvelles rivières urbaines. Ce nouveau concept réinterprète de manière neuve et créative la fonction de rivière dans un contexte urbain en faisant émerger les spécificités des lieux et en posant la question de la relation des habitants avec leur environnement et leur territoire. Tels seraient les enjeux de la gestion de l’eau dans la conception architecturale et l’aménagement du territoire aujourd’hui en Occident : réintroduire l’eau à la mesure de l’homme et retrouver le sens d’un devenir pour la ville en reliant ses multiples échelles et dimensions par l’expérience sensitive et symbolique.
Mahaut, V. (2009). L’eau et la ville, le temps de la réconciliation : jardins d’orage et nouvelles rivières urbaines. https://hdl.handle.net/2078.5/135993