(Se) Penser en décalé : esquives et adhérences du surréalisme bruxellois

(2023) Les Lettres Romanes — Vol. 77, n° 1-2, p. 171-184 (2023)

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L’article se propose d’envisager le lieu commun d’une littérature belge « décalée » pour ce qu’il est : un lieu commun stéréotypé qui, s’il ne manque pas d’à-propos, semble surtout le fruit d’une tradition critique désireuse d’établir une spécificité littéraire distinguant la production belge francophone de celle de l’Hexagone. À titre d’exemple, il sera question de l’activité menée par les surréalistes du groupe de Bruxelles, plus particulièrement par Paul Nougé et René Magritte, dont la poétique s’est non seulement révélée stratégique pour exister en dehors du giron d’André Breton, mais a aussi contribué à pérenniser, en l’actualisant, la logique du décalage à l’œuvre dans un pays si souvent qualifié de « surréaliste ». This paper aims to question the common assumption of Belgian literature as “offbeat” (“décalée”) for what it is: a common stereotype which surely stems from some accurate observations but mostly from a critical desire to establish a literary identity able to distinguish Belgian productions from French ones. The analysis will focus on the production of the surrealist “groupe de Bruxelles”, more specifically the collaboration between Paul Nougé and René Magritte. Their poetics not only served as a strategic means to exist outside of André Breton’s influence, but also contributed to actualize and perpetuate the offbeat tradition of a country so often labelled as “surreal”.
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Citations

Thiry, M. (2023). (Se) Penser en décalé : esquives et adhérences du surréalisme bruxellois. Les Lettres Romanes, 77(1-2), 171-184. https://hdl.handle.net/2078.5/106094 (Original work published 2023)