« Les Italiens ne font plus d’enfants, les imbéciles. Les autres Européens, à peu près pareil. Les fils d’Allah, au contraire, se multiplient comme les rats. » La Rage et l’orgueil d’Oriana Fallaci, essai pamphlétaire traduit en seize langues et vendu à plusieurs millions d’exemplaires, revendique un contexte de production fort – les attentats du World Trade Center –, un effet politique concret sur les sociétés européennes – qu’elles prennent conscience de leur « suicide » et qu’elles ferment leurs portes aux migrants – tout en clamant son appartenance à un monde littéraire autonome, surtout préoccupé, loin des considérations politiques, par la beauté de la langue. Cette triple dimension – contexte de production, réception et valeurs littéraires autonomes – conduit à envisager cet essai ainsi que les deux suivants – La Force de la raison (2004) et Oriana s’entretient avec elle-même (2005) – non pas sur un strict plan idéologique (en faire une analyse de discours), ni sur un pur plan formel (en faire une analyse de style) mais à croiser différents matériaux – analyse des œuvres, archives éditoriales et entretiens – et approches, notamment en termes de champ et de poétique historique.
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Damerdji, A. (2019). Approcher en matérialiste une oeuvre xénophobe : réflexions sur la Trilogie sur l’islam et sur l’Occident d’Oriana Fallaci (2001-2005). Pour une critique matérialiste des oeuvres littéraires, Université d’Orléans. https://hdl.handle.net/2078.5/220877