L’appréhension du phénomène religieux par le droit laisse apparaître un certain nombre de situations où le « fort » et le « faible » s’opposent. Qu’il s’agisse de la situation des religions minoritaires, du statut de la femme ou encore des risques de dérives sectaires pour ne citer que ces trois exemples, le législateur se trouve confronté à la mise en balance de la nécessité, d’une part, de protéger le plus faible des éventuels excès du plus fort et, d’autre part, de respecter le principe de la liberté religieuse et de l’autonomie des cultes. Sans prétendre à l’exhaustivité, l’on voudrait, à l’occasion de la présente contribution, esquisser quelques-uns de ces dilemmes auxquels le droit public se retrouve confronté. Plus précisément, l’on propose de s’arrêter sur trois illustrations particulièrement parlantes, nous semble-t-il, de cet équilibre délicat à atteindre, à savoir premièrement la question de l’interdiction du port de certains vêtements religieux en Belgique et en France, deuxièmement la situation du détenu en proie à un risque de radicalisation et troisièmement, la protection du bien-être des animaux dans le cadre de l’abattage religieux rituel.
Wattier, S. (2017). Entre le fort et le faible : quelques dilemmes du droit public pour appréhender le phénomène religieux. Conférence ACCA 2017, Université de Liège (Belgique). https://hdl.handle.net/2078.5/178869