Le renouveau de théâtres contemporains comme ceux de Marie NDiaye et Bernard-Marie Koltès réside, notamment, dans une mise en œuvre déclarée et assumée du mensonge. À travers une lecture de Quai Ouest (Koltès) et de Providence (NDiaye), cet article montre comment, dans ces dramaturgies, la fable se déconstruit à travers un partage de voix discordantes, dont aucune n’est en mesure de prendre le pas sur les autres. Cette multiplicité de versions concomitantes, et explicitement mensongères, témoigne de ce que la vérité ne tient pas à un accord préalable, mais ne saurait apparaître, incertaine, que dans la confrontation du mensonge et de sa doublure, le silence. La prolifération du verbe cerne un noyau d’indicible où se logent le désir des personnages et l’impossibilité de tout sentiment rigide d’appartenance idéologique ou identitaire.
Meurée, C. (2008). Baratin et bouche cousue : mensonge, silence, vérité dans les théâtres de Marie NDiaye et de Bernard-Marie Koltès. Interférences littéraires, 1, 111-130. https://hdl.handle.net/2078.5/162553 (Original work published 2008)