La question de l’éthique dans la récolte de fonds en milieu associatif nous invite à revisiter le thème très ancien de l’odeur de l’argent, une histoire – un peu nauséabonde d’ailleurs, les amateurs de textile parmi nous le savent – qui remonte au fameux « non olet » de l’empereur romain Vespasien, au premier siècle après Jésus-christ. Se préoccuper d’éthique de la récolte de fonds exige aussi automatiquement que l’on s’intéresse à l’usage de ces fonds, puisque ce dernier entretient des relations diverses avec les moyens d’une telle récolte, leur efficacité et leur légitimité. En me penchant sur cette problématique, je voudrais m’arrêter à quatre questions particulières, qui me semblent à la fois importantes en elles-mêmes et emblématiques de la problématique générale. Les deux premières renverront plutôt à un examen de certaines de nos intuitions éthiques spontanées, portant sur la récolte proprement dite. Les deux dernières relèveront d’un registre plus institutionnel, traitant de façon un peu plus indirecte de la récolte de fonds.
Gosseries, A. (2007). Sur l’éthique dans la récolte de fonds. Raison publique, 6, 115-128. https://hdl.handle.net/2078.5/98790 (Original work published 2007)