Défis et potentiels des recherches de terrain engagées en sciences sociales / Challenges and Potentials of Engaged Fieldwork Research in Social Sciences
Partant du constat d’une impossible neutralité dans la recherche en sciences sociales (Caratini, 2004 ; Fassin et Bensa, 2008 ; Hagberg et Ouattara, 2012 ; etc.), ce numéro de la revue Anthropologie & développe-ment aborde les défis et le potentiel des positionnements de recherche explicitement engagés en anthropologie et en sociologie qualitative. Si l’implication et la réflexivité sont des conditions nécessaires à la recherche de terrain (Ghasarian, 2002 ; Hermesse et al., 2011 ; Piccoli, 2013), et si un ancrage empirique ne signifie pas un aveuglement théorique ou une ab-sence de grille d’analyse de la réalité sociale (Burawoy, 2009), l’engagement que nous souhaitons interroger revendique la possibilité simultanée d’une position publique assumée et d’une recherche scienti-fique rigoureuse. Au-delà d’un simple plaidoyer, ce numéro met en évidence les points de vue de chercheurs sur leurs pratiques d’engagement et les défis qu’ils rencontrent. Quelles sont les potentielles difficultés à justifier les positions engagées et les inévitables cristallisations de postures qu’elles engen-drent ? Comment, le cas échéant, les chercheurs jonglent-ils avec leurs multiples identités (chercheurs, acteurs, militants, porte-parole, média-teurs…) ? Comment combiner production scientifique, activisme, position-nement politique et prise de parole publique ?
Piccoli, E., & Mazzocchetti, J. (2016). Défis et potentiels des recherches de terrain engagées en sciences sociales / Challenges and Potentials of Engaged Fieldwork Research in Social Sciences. Anthropologie & développement, 44(1). https://hdl.handle.net/2078.5/95948 (Original work published 2016)