Cet article est consacré à l’innovation que constitue l’augustalité, qui apparaît vers 12 av. n.è. Le corpus qui sert de socle à cette étude permet d’appuyer quelques hypothèses récentes relatives aux augustales mais surtout de proposer de nouvelles réflexions quant à leurs fonctions premières et à leur origine. Loin d’être des prêtres du ‘culte impérial’ ou des ‘quasi-magistrats’ dépourvus de fonctions réelles, les augustales apparaissent plutôt comme responsables des ludi augustales créés à Rome et diffusés rapidement en Italie et dans l’Empire. La régularité et la répétition de cette charge liée aux jeux expliquent qu’elle n’ait guère laissé de traces dans l’épigraphie, si ce n’est dans les deux ou trois décennies qui ont suivi la création des ludi augustales. Quant aux formes variées que revêt l’augustalité dans les cités d’Italie, elles s’expliqueraient par le fait que les autorités civiques auraient disposé d’une certaine liberté dans la mise en œuvre concrète de l’institution qui prendrait en charge les ludi augustales. En revanche, l’adoption même de ces jeux au niveau des colonies et municipes aurait résulté d’une mesure adoptée par le Sénat romain.
Van Haeperen, F. (2016). Origine et fonctions des augustales (12 av. n.è.-37). Nouvelles hypothèses. L’Antiquité Classique, 85(2016), 127-155. https://hdl.handle.net/2078.5/94650 (Original work published 2016)