(fr) Entre 1914 et 1918, la Belgique et dix départements du nord et de l’est de la France connaissent l’occupation allemande. Les armées impériales, qui y ont installé leurs quartiers, tout comme les administrations civilo-militaires d’occupation, sont désormais directement en contact avec les populations civiles. Pour protéger les dignitaires et le secret militaires, trois forces de police sont établies : (1) les Geheime Feldpolizeien auprès de chaque armée, (2) la Zentralpolizeistelle dans le Gouvernement général et (3) la Feldpolizei des Marinekorps dans la zone gérée par la Marine. Plusieurs centaines de policiers allemands, professionnels ou néophytes, y sont intégrés, auxquels sont par ailleurs attachés des agents recrutés parmi les communautés locales. Chargées d’abord de contre-espionnage, ces polices voient leur champ de compétence considérablement augmenter au cours du conflit, alors qu’elles manquent systématiquement de moyens matériels et humains pour répondre aux menaces qu’elles perçoivent partout. La crainte que développe l’occupant à l’égard des occupés conduit les polices secrètes à devenir de réelles actrices de l’occupation et à intervenir dans des situations sans lien direct avec la protection de l'armée. À travers l’étude de leurs structures, leurs activités et des acteurs qui les composent, il s’agit de comprendre comment ces polices participent à des logiques d’occupation, variant à la fois dans le temps et dans l’espace, mises en place par un occupant qui cherche d’abord à soutenir l’effort de guerre de l’empire.
Rezsöhazy, E. (2020). De la protection du secret militaire à l’occupation des populations civiles : les polices secrètes allemandes derrière le front Ouest (1914–1918). https://hdl.handle.net/2078.5/93951