Le monde ou la vie fragile. Une nouvelle lecture critique de Michel Henry

Lorelle, Paula
(2020) Considérations phénoménologiques sur le monde. Entre théories et pratiques — accepted/in-press

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  • Lorelle, PaulaUCLouvain
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D’où le monde tient-il sa sensibilité? En réponse à cette question, cette communication se propose d’avancer la thèse suivante : le monde tient sa sensibilité de la fragilité originaire de la vie. La « vie » désigne ici ce que Henry conçoit comme le « comment » originaire de la phénoménalité, à savoir, l’affectivité de ce qui s’éprouve soi-même dans une auto-affection. Mais la vie n’est justement pas pensée par Henry en sa fragilité : cette auto- affection est celle, indéfectible, de ce qui ne peut jamais cesser de s’éprouver. D’où la nécessité d’un premier moment critique, engageant une nouvelle lecture de l’œuvre henryenne et visant à montrer l’impossibilité de générer la sensibilité du monde depuis l’invulnérabilité de la vie. Si Henry échoue à déduire l’apparaître du monde sensible depuis celui de la vie — que cette génération soit extérieure à la vie dans L’essence de la manifestation ou qu’elle lui soit intérieure dans Voir l’invisible ou La barbarie — ce n’est pas du fait de sa dite « subjectivité », ni même de sa structure « d’auto-affection », mais du fait de son absoluité. Il s’agira donc ensuite d’éprouver la thèse phénoménologique inverse : la sensibilité naîtrait de la fragilité originaire de la vie. Seulement, c’est bien le propre de la « fragilité » que de menacer ce qu’elle détermine de se briser. Apparaît alors le paradoxe inhérent à la thèse ici esquissée : la fragilité, condition de la sensibilité du monde comme de la vie, les menace tout autant d’insensibilité.
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Citations

Lorelle, P. (2020). Le monde ou la vie fragile. Une nouvelle lecture critique de Michel Henry. In J. Leclercq et P. Lorelle (ed.), Considérations phénoménologiques sur le monde. Entre théories et pratiques. Presses universitaires de Louvain. https://hdl.handle.net/2078.5/90664