Le film du réalisateur britannique Terence Davies Of Time and the City (2008) entremêle images d’archives, photographies et séquences tournées au présent pour reconstituer la mémoire ouvrière de Liverpool d’un point de vue autobiographique. Basé sur le film, l’article explore des modes de remémoration qui échappent en grande partie aux cadres de référence habituellement déployés dans les Memory Studies, qu’il s’agisse des études sur le trauma ou des logiques patrimoniales, et qui expriment davantage un sentiment nostalgique par rapport au passé. Dans le cas de Of Time and the City, cette tonalité nostalgique est liée à la position sociale du réalisateur qui est celle du transfuge de classe décrite par Richard Hoggart et Didier Eribon. Par conséquent, l’article examine comment la position du cinéaste se matérialise dans le film par des choix de montage qui conduisent à mêler la culture haute et la culture basse, à entrecroiser l’histoire intime et collective.
Fevry, S. (2015). Of Time and the City de Terence Davies: nostalgie de la mémoire ouvrière et introspection sociologiqueà l’écran. Cinergie, il cinema e le altre arti, 8, 12-22. https://hdl.handle.net/2078.5/83004 (Original work published 2015)