Le processus de romanisation en Crète est abordé par l’intermédiaire d’une analyse iconographique et iconologique de deux statues cuirassées attribuées à l’empereur Hadrien, l’une découverte à Gortyne, l’autre à Knossos. La confrontation de cette analyse avec les contextes archéologique, épigraphique et historique des deux principales poleis crétoises permet de jeter un éclairage nouveau sur la réception de la politique de l’empereur en Crète, qui compte plus de statues cuirassées d’Hadrien qu’aucune autre région de l’Empire oriental. À Gortyne, capitale provinciale et membre du Panhellenion, la statue cuirassée semble ainsi honorer le compromis culturel incarné par Hadrien, à la fois respectueux des traditions et propagateur de l’hellénisme. À Knossos, unique colonie crétoise, la statue de l’empereur exalte quant à elle la facette conservatrice et traditionaliste du princeps. Un passé de résistance à Rome, ainsi que l’attrait de nouvelles perspectives économiques offertes par l’Empire, semblent refléter les choix iconographiques de la statue de Knossos.
Cavalieri, M., & Jusseret, S. (2009). Hadrien et la Crète : le témoignage des statues cuirassées de Gortyne et de Knossos. Deutsches Archaeologisches Institut. Athenische Abteilung. Mitteilungen. Beihefte, 124, 357-402. https://hdl.handle.net/2078.5/62462 (Original work published 2009)