« Vraies » ou « fausses » familles monoparentales – l’Etat de protection sociale au service du contrôle de l’intime des familles ?

(2019) XXXe Colloque du Réseau Européen de Formation Universitaire en Travail Social (REFUTS ; “Santé/social aux frontières de l’intime — Location: Université de Paris 13 (2019.June.26AD)

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La vie familiale et les relations entre partenaires sont considérés par une série d’acteurs de la protection sociale comme des thématiques faisant partie de l’intime des personnes. Pourtant, l’état de protection sociale s’est construit en Belgique autour des situations socio-professionnelles et les configuration familiales en se basant sur les formes de solidarité et de care que puissent exister au sein des familles. Le statut de cohabitant, c’est-à-dire avec qui on est officiellement cohabitant au sein du ménage, a une forte influence sur l’aide sociale que peuvent obtenir les « chefs de ménage ». Dans les centres publics de l’action sociale (CPAS) en Belgique, on peut constater une certaine tension auxquelles doivent faire face les travailleurs sociaux quant à l’obligation de rendre compte du statut officiel de cohabitation tout en respectant la vie intime des personnes aidées. Différents contrôles peuvent avoir lieu au domicile des personnes pour par exemple vérifier si c’est une vraie famille monoparentale, ou s’il y a des personnes qui cohabitent. Dans le cas d’une cohabitation non-déclaré, il est vite question de « fraude sociale », pourtant selon une analyse sociologique se basent sur les trajectoires familiales, on doit plutôt parler de différentes formes de constitution d’un couple ou d’autres formes de cohabitation. De ce point de vue, l’Etat organise un certain contrôle de la vie intime des ménages pour séparer les « vraies » ou « fausses » familles monoparentales. Ce questionnement est à situer plus largement à travers une perspective sociologique inspirée des approches fondatrices de Blumer (1971), par rapport à la manière dont une série d’acteurs (services publics, CPAS, gouvernement, syndicats, mais aussi « société civile » et monde académique) ont participé à un long processus de « définition collective », aboutissant à la construction de la monoparentalité en nouvelle catégorie (Dubois, 2009) des politiques régionales d’action sociale, de diversité, de planification urbaine et d’emploi. En nous fondant sur une enquête qualitative par observation et entretien, ainsi que des statistiques longitudinales, nous montrons comment la variété des situations monoparentales a été abordée en tension entre une volonté de reconnaissance des spécificités liées à cette situation et le choix de privilégier une approche universaliste.
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Wagener, M. (2019). « Vraies » ou « fausses » familles monoparentales – l’Etat de protection sociale au service du contrôle de l’intime des familles ? XXXe Colloque du Réseau Européen de Formation Universitaire en Travail Social (REFUTS ; “Santé/social aux frontières de l’intime, Université de Paris 13. https://hdl.handle.net/2078.5/58514