(fr) À la fin du IIe s., une importante réforme métrologique est promulguée en Grèce continentale, sans doute avec l’aveu de Rome, sinon à son instigation. D’une part, un décret athénien (IG II-III² 1013) augmente la masse de la mine commerciale (μνᾶ ἐμπορική) — c.-à-d. la contrepartie en bronze d’une drachme attique « de l’argent » — de 138 à 150 drachmes. De la sorte, un nouveau ratio bronze–argent entre en vigueur (150:1), en vertu duquel la drachme attique « de l’argent » (4,35 g) vaut deux livres romaines en bronze (652,50 g) et la drachme attique « du bronze », réévaluée, coïncide avec la drachme « de l’argent » symmachique (2,90 g). D’autre part, un décret amphictionique (CID IV, 127) impose à tous les Grecs de compter le tétradrachme attique pour quatre drachmes « de l’argent » : en d’autres termes, les Amphictions ne reconnaissent plus que la drachme attique comme seule drachme « de l’argent », et l’étalon attique comme seul étalon monétaire. Ce décret signifie donc la fin du système symmachique et prépare déjà l’adoption du système pondéral et monétaire romain.
Doyen, C. (2015). Velléités romaines. Entre poids et monnaies. La métrologie grecque aux époques classique et hellénistique, Paris. https://hdl.handle.net/2078.5/54761