Dans le cadre du projet Regiowood II, deux dispositifs (Tableau 1) ont été installés en Wallonie au printemps 2018 pour tester des itinéraires novateurs dans un contexte de blocage par la fougère aigle. Lorsqu’elle est dense et vigoureuse, la fougère concurrence le plant pour les ressources. En régénération naturelle, elle empêche le contact de la semence avec le sol minéral (Dumas et al. 2015). Par ailleurs, elle peut exercer une contrainte physique sur les plants et semis (écrasement, déformation, …). Enfin, elle implique de nombreux dégagements durant la phase d’installation. Le premier site d’étude se trouve dans le cantonnement de La Roche (Chef de cantonnement François Baar ; garde forestier : Cédric Daine), en forêt communale de Rendeux, dans un peuplement de chênes dépérissants. Sur cette station, le chêne sessile est à l’optimum tandis que le chêne pédonculé est en tolérance élargie selon le fichier écologique. La fougère aigle recouvre le sol, empêchant l’installation de la nouvelle génération d’arbres par voie naturelle. Le deuxième dispositif se situe dans le cantonnement de Neufchâteau (Chef de cantonnement : Benjamin de Potter ; garde forestier : David Louis), en forêt communale de Neufchâteau. Il s’agit d’une mise à blanc d’environ 6 ans d’épicéas communs, densément couverte par la fougère aigle sur 1 hectare. Le site sera replanté en mélèzes du Japon et Douglas, deux essences à l’optimum sur cette station ; celles-ci seront disposées par bloc avec une densité de 2.000 plants/ha (2 m x 2,5 m). Les deux dispositifs expérimentaux ont été clôturés pour s’affranchir du gibier.
Dumont de Chassart Camille, Coune, T., & Ponette, Q. (2018). Quel avenir pour la régénération en forêt de la Grande Région ? Régiowood II expérimente des itinéraires innovants en conditions réelles. Silva Belgica, 4, 42-44. https://hdl.handle.net/2078.5/53735 (Original work published 2018)