(fr) La forêt gabonaise abrite une exceptionnelle biodiversité. Certaines aires sont définies comme des zones refuges pour la biodiversité africaine. Au Gabon, la forêt a toujours occupé un rôle économique important par le nombre d’emplois qu’elle génère et indirectement par son rôle écologique. Actuellement, 10% du territoire dispose d'un statut de conservation classé en parcs nationaux. Les plantes et les animaux sont relativement bien connus et recensés au Gabon; toutefois, il n’en est pas de même pour certains organismes tels que les champignons qui jouent pourtant un rôle fondamental dans le maintien et l’équilibre des écosystèmes. Les champignons participent à la croissance des arbres via les associations mycorhiziennes ou au recyclage de la matière ligneuse via les cortèges d'espèces lignivores. Etant donné l'important déficit de connaissance de ces organismes, nous nous sommes intéressé à la diversité taxonomique, phylogénétique et écologique des mycètes présents au Gabon, et plus spécialement aux espèces lignivores. Des échantillonnages ont été effectués entre 2008 et 2012 sur différents sites au Gabon de composition floristique différente. Un échantillonnage standardisé dans les parcelles et un échantillonnage aléatoire le long des transects forestiers ont été effectués. Par approche morphologique (caractères macroscopiques et microscopiques) et moléculaire, les espèces collectées ont été identifiées et décrites. Des caractères discriminants pour chaque espèce ont été donnés. Certaines données ont été relevées, comme la classe de diamètre du substrat colonisé ou l’état de décomposition de celui-ci sur le terrain, afin de caractériser l'autécologie des espèces présentes. Pour la caractérisation biogéographique à l’échelle du Gabon, un nombre restreint d'espèces "modèles" ont été georéférencées à l’aide du logiciel DIVA GIS. Sur un total de 438 échantillons, un peu moins de la moitié représentant 105 espèces ont pu être identifiés, 41 collectes ont été identifiées au niveau du genre et sept nouvelles espèces ont été décrites. De nombreuses autres espèces doivent encore être décrites. Ecologiquement, trois principaux groupes apparaissent: (1) des espèces dont les basidiomes émergent du sol, elles seraient soit parasites racinaires, soit mycorhiziennes (bien que nous n’ayons pas pu le démontrer dans notre étude); (2) des espèces ayant des basidiomes émergeant des troncs morts qui seraient majoritairement des saprotrophes et (3) des espèces aux basidiomes émergeant des troncs d’arbres vivants qui seraient plutôt parasites. L’étude de la diversité en espèces des quatre principaux sites de collectes a montré que ceux-ci avaient des compositions en espèces différentes; le nombre d’espèces partagé est faible. Tout comme des études antérieures, nous avons également remarqué que certaines espèces semblent avoir une préférence écologique notamment vis-à-vis de la taille du substrat et de son stade de décomposition, qui reflète quantitativement la ressource disponible. La plupart des polypores colonise des substrats variables, certaines espèces ont cependant une préférence marquée pour des substrats de grande classe de diamètre, d'où l'importance de conserver de grands arbres, ou des substrats déjà fortement décomposés. Des résultats, bien que préliminaires, montrent que certains espèces ont une distribution selon un gradient ouest-Est ou gradient de pluviosité.
Yombiyeni, P. (2014). Contribution à l’étude de la diversité taxonomique et approche écologique des polypores en forêt guinéo-congolaise au Gabon. https://hdl.handle.net/2078.5/53630